Lorsque le gouvernement abuse des lois "anti pédophiles" pour couvrir ses flics
zero — sam, 15/10/2011 - 02:10
Ce vendredi, leur ministre de l'intérieur est parvenu à faire en sorte que leurs juges acceptent de censurer un site pratiquant en France le copwatching (ie: la surveillance des polices et mise en ligne des déviances) en prétextant la mise en danger de celles et ceux qui dans l'exercice de leurs fonctions n'hésitent parfois pas à déloger, blesser et tuer.
La procédure est très discutable car la demande de filtrage d'internet a nécessité d'importants moyens juridiques lorsqu'une simple requette auprès du prestataire d'enregistrement du domaine (Gandi) aurait pu désactiver rapidement le domaine. En effet, la tracabilité d'Internet (1) leur sert à cela, identifier les parties, réprimer, contrôler.
Non sans étonnement du verdict, on y voit bien entendu les dérives habituelles des lois (2) qui passent en douceur sous pseudo-légitimité de lutte contre la pédopornographie, simple prétexte pour élargir la voie à la répression politique.
Il faut aussi rappeler que les fournisseurs d'accès principaux, qu'ils fassent ou non la "révolution" (sic) ne crachent pas vraiment sur la censure et sur le fait d'être utilisé à des fins de prestataires techniques pour la police, du moment que cela ne coûte rien. Certain(s) d'entre eux se ventent même de collaborer depuis de nombreuses années. Profitons-en pour rappeler que Toile-Libre se positionnera toujours au minimum légal, n'ayant pas pour but de servir les intérêts de l'état.
Les moyens pour continuer à accéder (3) à copwatch sont multiples : utiliser des opérateurs qui ont pour l'instant la chance de ne pas être contraints judiciairement d'interdire à leurs usagers le droit de s'informer sur la réalité d'une répression quotidienne, utiliser les multiples miroirs qui ne sont pas (encore) interdits, passer par le vpn (Toile-Libre en fournit), utiliser des proxy, ...
L'audience apportée par les médias mainstream au site avec l'assignation ne semble être comme souvent que profitable à la "cause" attaquée.(4)
Pour terminer, voici un article intéréssant sur le DPI (5), le nouvel outil de censure qui nous attends, disponible bientôt chez vous !
- (1) Il y a depuis longtemps sur Internet des autorités qui le contrôle. Celles ci, gouvernementales ou délégations aux privés donnent accès à des ressources nécessaires à l'accès au réseau (Adresses IP, numéro de réseau internet autonome, noms de domaines, etc) et ne sont pourtant toujours que des structures de taille importante et souvent commerciales. Qui dit commerce dit paiement, qui dit paiement dit traces et identification forcée. Ce sont ces mêmes obligations que nous critiquons sur la question des Logs. Le fait de pouvoir identifier toute personne mettant du contenu en ligne rend complexe l'usage de sa liberté d'expression, en laissant sa porte ouverte à la répression. La protection des sources et donc l'anonymat sont nécessaires au journalisme.
- (2) LCEN, Loppsi I, Loppsi II, Hadopi, ...
- (3) Changer de nom de domaine (ou ne pas en utiliser) et d'adresses IP suffira à contourner la mesure du gouvernement, il n'est pas encore indiqué sur le site si cela est prévu ou non.
- (4) Ce n'est pas sans rappeler les cas récents des sites Indymedia Paris - Wikileaks - Indymedia Grenoble - Le Jura Libertaire ou encore The Pirate Bay
- (5) Le DPI, ou Deep Packet Inspection, c'est l'équivalent d'un service postal qui ouvre toutes les enveloppes, lit tout, et choisit ce qui a le droit de circuler, et ce qui doit être bloqué.
